Bonjour,

j'ai très peu de temps à accorder à mon blog ce mois ci et je m'en excuse auprès de vous, la préparation des contes de Noël pour les accueils de classe et l'heure du conte de décembre me prend énormément de temps ! Il s'avère que le choix de l'album "Lulu et le sapin orphelin" est assez compliqué ! Il n'est pas facile à conter tout compte fait ! (ce n'est pas un jeu de mot !)...

Bref, du coup, je vous propose de revenir sur l'animation "bibliothèque hors-les-murs" que j'ai proposé cet été. Le concept et les objectifs sont simples :

  • Toucher un public dit « empêché » (classe sociale, origines étrangères, image idéalisée de la bibliothèque (trop cher, destinée à une certaine classe sociale, …)

  • Faire connaître la bibliothèque et amener de nouveaux lecteurs à la fréquenter

  • Renforcer l’image d’une bibliothèque « ludique » et ouverte à tous

C'est avec ces objectifs en tête que j'ai proposé à la commune au nom de la bibliothèque une animation "bibliothèque hors-les-murs".

Mon supérieur pensait à une heure du conte en plein-air, au pied du bâtiment. Mais nous n'aurions touché, encore une fois, que nos lecteurs, et ce n'est pas ce que je souhaitais ! J'avais entendu parlé d'une association, à Nancy (Meurthe et Moselle), ADT Quart Monde, qui proposait des séances de lecture et de consultation d'albums dans les quartiers les plus défavorisés et les plus durs de la ville... Juste s'asseoir avec une caisse de livres au bas d'un immeuble et proposer des histoires aux enfants, gratuitement, sans aucune obligation, juste pour le plaisir de manipuler des livres et d'écouter des histoires à volonté...

Superbe projet que j'ai voulu appliquer à M. en Alsace. Le dossier accepté et encouragé par l'adjointe à la culture, me voici en quête du lieu idéal... Je ne suis pas passé par quatre chemins : je voulais cette animation aux pieds des immeubles les plus en retrait, dans un quartier dit "sensible" (j'ai eu quelques appréhensions quand mes collègues ont refusé de m'accompagner ou de participer à cette animation avec moi ! C'est mon supérieur qui m'a accompagné la première fois, et je peux vous assurer que j'avais l'estomac noué ! Pour finalement me rendre compte qu'il ne faut pas toujours écouter les rumeurs ! Les gens y sont réservés mais comme partout ailleurs !).

Il a donc fallu demander la permission d'occuper l'espace vert au pied des immeubles, et lancer une campagne de publicité. Les tracts dans notre établissement ont attiré quelques lecteurs présents en juillet, mais nous étions désireux de toucher ceux qui ne venaient pas ! Nous avons donc entrepris de faire le tour des boîtes aux lettres dans les tours...
Mais quand on habite un quartier "difficile" on ne peut accéder au hall que si nous possédons la clef de l'entrée ou si on sonne à l'interphone... Sur 6 tours, nous n'avons eu accès qu'à deux immeubles, la méthode n'est donc pas encore au point, c'est dommage... La prochaine fois, il serait peut-être judicieux demander à la Poste ou au responsable des immeubles (???)  de nous aider à distribuer nos tracts.

Nous avons essayé de contacter l'animateur de quartier, sans succès. Le quartier disposant d'un petit supermarché de proximité, nous avons laissé des tracts à toutes les caisses et deux affiches explicites. Nous avons également invité le centre aéré, situé lui aussi dans le quartier (avec la certitude que les enfants inscrits étaient, en partie, de ces immeubles).

Pour l'animation, nous avons réservé un "Raconte-tapis" à la Bibliothèque Départementale du Bas-Rhin : il s'agit d'un tapis patchwork, avec des cachettes, du type tapis d'éveil, qui représente un paysage propre à un album (une forêt, un chemin, ... J'avais choisi l'album "un dîner pour monsieur Renard", histoire tirée du recueil "Une soupe à la souris". Le tapis est livré avec des petites poupées qui représentent les personnages de l'histoire, et l'album.

J'ai préparé une petite sélection de livres cartonnés, des BDs, des revues pour les parents, des contes. Nous nous sommes armés de couvertures pour les étaler sur la pelouse. Sur les tracts et les affiches, nous avons précisé que les enfants devaient se munir d'une bouteille d'eau et d'un chapeau (nous avions choisi un petit coin de pelouse à l'ombre, mais le soleil tourne assez vite ! ).

Dans un premier temps, nous avons présenté notre histoire, le raconte-tapis : on conte avec l'album, puis avec les marionnettes. L'histoire terminée, on relit l'histoire, et ce sont les enfants qui actionnent les petits personnages (c'est très important, ils s'approprient l'histoire et l'album tout en jouant).

Quand tous les volontaires ont manipulé le raconte-tapis, on le range soigneusement et on propose nos albums, nos BDs, une partie étalée sur les couvertures, et une autre qui reste dans le panier (ceux étalés sur les couvertures pour leur en faciliter l'accès, et ceux dans le panier pour leur laisser le plaisir de fouiller, d'en prendre un, de le reposer, ...).

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Bilan de l'animation :

L'animation a particulièrement bien fonctionné en juillet. Nous avons rassemblé une quinzaine d'enfants du centre aéré et 6 enfants accompagnés de leurs parents.

Ils ont manifesté un grand enthousiasme quand il a s'agit de répéter l'histoire à l'aide des marionnettes, il y a eu beaucoup de volontaires, et il a fallu raconter plusieurs fois le raconte-tapis prêté par la BDBR (Bibliothèque Départementale du Bas-Rhin).

La séance lecture libre sur les couvertures a beaucoup plu également, et c'est avec plaisir que les petits sont venus réclamer des lectures d'albums par les papas, les mamans présents, et moi même (des revues comme « histoires pour les petits », « les belles histoires » et des albums bébés-lecteurs étaient mis à leur disposition dans un panier au milieu des couvertures).

Le résultat a été nettement moins probant en août... Nous n'avons touché que 6 enfants (vacanciers en vadrouille, mauvaise publicité ?) et le raconte-tapis était beaucoup plus compliqué, et donc moins attractif. En revanche, la deuxième partie de l'animation a réellement mieux fonctionné : les enfants se sont précipités pour fouiller la malle de livres et se faire raconter des histoires.

Nous pensons réitérer l'opération, mais en accentuant les contacts et les partenariats avec les animateurs de quartier, et en proposant plusieurs supports d'animation (raconte-tapis, kamishibaïs (théâtre d'images japonais), et séances de contes.